L’autogreffe de cellules souches hématopoïétiques a de meilleurs résultats que les traitements conventionnels chez les patients atteints de sclérodermie systémique rapidement progressive

Titre article original : Autologous hematopoietic stem cell tranplantation has better outcomes than conventional therapies in patients with rapidly progressive systemic sclerosis

Nom auteurs : N. Del Papa, F. Onida, E. Zaccara, G. saporiti, W. Maglione, E. Tagliaferri, R. Andracco, D. Vincenti, T. Montemurro, L. Mircoli, C. Vitali, A. Cortelezzi

  • rédacteur de la veille bibliographique: Drs Anouk Soenen & Christian Agard
  • Lien associé pubmed
  • Références :Bone Marrow Transplant 2017 : 52 ; 53-58

 

Résumé :  Les molécules utilisées pour traiter la sclérodermie systémique diffuse (ScSd) rapidement progressive, telles que le cyclophosphamide (CYC), l’azathioprine (AZA), le méthotrexate (MTX), le rituximab, ou le mycophénolate (MMF), ont une efficacité partielle ou inconstante. L’autogreffe de cellules souches hématopoïétiques (AGSH) apparaît de plus en plus comme une option thérapeutique possible chez certains patients. Cette étude vise à évaluer l’efficacité de l’AGSH chez des patients atteints d’une ScSd rapidement progressive par rapport aux traitements immunosuppresseurs (IS) usuels.


Méthode :
Il s’agit d’une étude observationnelle, rétrospective, monocentrique (Milan, Italie), incluant des patients majeurs avec une ScSd, un score de Rodnan modifié (mRss) ≥14, un score ESSG (European Scleroderma Study Group) d’activité de la maladie ≥3, une durée de la maladie <4 ans. Les critères d’exclusion étaient les co-morbidités importantes ou une atteinte sévère d’organe tels que l’hypertension artérielle pulmonaire, une atteinte pulmonaire interstitielle avec DLCO<50% de la valeur théorique, une cardiopathie sclérodermique avec FEVG<45% ou une crise rénale sclérodermique. Dix-huit patients, en échec d’un traitement IS conventionnel, ont reçu une AGSH entre 2003 et 2011, et ont été suivis régulièrement pendant 5 ans. Le protocole d’AGSH comportait une mobilisation des CSP (CYC 4g/m2, filgatrim), une sélection CD34, et un conditionnement par CYC IV 200mg/kg, SAL et corticothérapie. Le groupe contrôle (n=36) était constitué à partir d’une cohorte historique de la même équipe, suivis entre 1991 et 2003 (n=16) ou entre 2004 et 2009 (n=20). Ces 36 patients ont été traités par CYC IV 1g mensuel pendant au moins 6 mois (n=25), par MTX (10-20 mg/semaine) ou AZA (100-200 mg/j) (n=11), associé à de la prednisone 5-10 mg/j.
Les données colligées étaient l’évolution du mRss, de la DLCO, du score ESSG et la survie. Les données ont été recueillies à l’inclusion puis tous les 12 mois pendant 60 mois.

Résultats : Les deux groupes étaient comparables à l’inclusion : âge médian de 41-44 ans, 72% de femmes, durée médiane d’évolution de 24 mois, mRss médian à 20, score ESSG médian à 5, atteinte interstitielle pulmonaire dans 2/3 des cas. La mortalité imputée à l’AGSH, soit dans les 100 jours de la greffe, était à 5,6% (n=1 décès à J65 d’une pneumopathie interstitielle). La tolérance de l’AGSH était jugée satisfaisante. Dans le groupe AGSH, entre l’inclusion et M12 (et jusqu’à M60), le mRss moyen passait de 22 à 4 et le score ESSG de 5 à 2, alors que la DLCO (68%) n’était pas modifiée. La mortalité à M60 était de 61% dans le groupe contrôle et de 11% dans le groupe AGSH. La survie globale était significativement meilleure dans le groupe AGSH par rapport au groupe contrôle (HR 6,94 (IC à 3,05–15,79), P<0,002) et par rapport au sous-groupe traité par CYC (HR 5,98 (IC à 2,24-15,99), p<0,006). Les probabilités d’amélioration du score ESSG, de diminution du mRss, et de l’absence de détérioration de la DLCO étaient également significativement plus importantes dans le groupe AGSH.

Conclusion : Cette étude suggère que l’AGSH donne de meilleurs résultats que le traitement IS conventionnel en termes de survie, d’évolution de la fibrose dermique, et d’activité de la ScSd rapidement progressive chez des patients sléectionnés. Des biais méthodologiques sont néanmoins à souligner : étude rétrospective, patients greffés qui sont par définition réfractaire au traitement IS, groupe contrôle incluant des patients anciens suivis en 1991, hétérogénéité des traitements IS utilisés, protocole de CYC IV mensuel sur 6 mois seulement.

Mots-clés : autogreffe de cellules souches hématopoïétiques, sclérodermie systémique
Lien associé pubmed :https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27548467/


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