Facteurs environnementaux et sclérodermie systémique

Facteurs environnementaux et sclérodermie systémique

Dr Elisabeth Diot Juillet 2013

Introduction :

La physiopathologie de la sclérodermie est complexe et multifactorielle. Parmi les facteurs impliqués, sont retrouvés des facteurs environnementaux  et professionnels qu’il est important de rechercher et d’exclure.

Facteurs environnementaux :

Des foyers de  forte prévalence ou incidence ont été décrits, à Londres dans 3 zones aéroportuaires (Silverman et al 1990), en Australie en zone rurale, avec comme agent inducteur un facteur infectieux et une inhalation de poussière de silice (Englert et al 2005) et au sein d’une tribu d’indiens Choctaw sans que l’on ne retrouve de facteurs exogènes (Arnett et al 1996).

 

Rôle des toxiques professionnels et occupationnels :

– La silice :

L’association « exposition à la silice et Sclérodermie systémique », appelée Syndrome d’Erasmus, décrite par ce dernier en 1957, a depuis bien été validée par de nombreuses études « cas-témoins » (Haustein 1998, Diot 2002, Troldborg 2013) et méta-analyse (Mc Cormic 2010). Elle est reconnue au tableau 25bis des maladies professionnelles.

– Les solvants:

Ils sont incriminés dans plusieurs études « cas-témoins » de méthodologie rigoureuse leur conférant une imputabilité forte (Diot 2002, Garabrant 2003, Bovenzi 2004, Maitre 2004, Czirjak 2002) et dans une méta-analyse (Aryal 2001). Cette association n’est pas inscrite au tableau des maladies professionnelles et leur reconnaissance doit passer par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.

– Les autres agents :

Leurs association est possible mais les résultats des études sont discordants : il s’agit des fumées de soudage, du silicone et des résines époxy.

 

Relation exposition aux toxiques/gravité de la maladie :

Du fait de l’inhalation des particules de silice et de la pénétration trans-cutanée des solvants, on peut se demander s’il n’existe pas un lien entre gravité de la maladie et exposition.

Nous avons mis en évidence, dans une population de 105 patients atteints de sclérodermie systémique, une relation significative entre exposition professionnelle et atteinte cutanée diffuse d’une part, atteinte pulmonaire infiltrante d’autre part et profil immunologique des formes graves (Magnant 2005). Il existe donc un lien probable entre gravité de la maladie et exposition aux toxiques.

Conclusion :

Les facteurs professionnels et environnementaux jouent un rôle propre dans la physiopathologie de la sclérodermie.

Ces données incitent à dépister systématiquement  les facteurs toxiques chez les patients afin de pouvoir mettre en place des mesures de prévention et si nécessaire un reclassement professionnel.

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