La dysbiose intestinale est fréquente dans la sclérodermie systemique

Titre article original : Intestinal dysbiosis is common in systemic sclerosis and associated with gastrointestinal and extraintestinal features of disease

Nom auteurs : Kristofer Andréasson*, Zaid Alrawi, Anita Persson, Göran Jönsson and Jan Marsal

  • rédacteur de la veille bibliographique: Pr. David Launay
  • Lien associé pubmed
  • Références : Andréasson et al. Arthritis Research & Therapy (2016) 18:278
    DOI 10.1186/s13075-016-1182-z

Résumé : Les données récentes suggèrent qu’il existe un lien important entre la composition du microbiote intestinal et le système immunitaire. De plus, il peut exister un lien entre une anomalie de ce microbiote et des manifestations de type dysimmunitaire, notamment des maladies auto-immunes.


Méthodes : l’objectif de cette étude était d’évaluer la dysbiose intestinale chez des patients atteints de sclérodermie systémique. 98 patients ont été inclus et le microbiote intestinal a été évalué par une approche génomique. Les anomalies du microbiote intestinal ont été corrélées avec les manifestations cliniques de la maladie, notamment digestives, mais également les niveaux de calprotectine fécale.

Résultats : 75% des patients avaient une dysbiose intestinale dont 25% avaient une dysbiose intestinale sévère. La présence d’une dysbiose intestinale était associée aux manifestations digestives et à l’élévation de la calprotectine fécale. De même, les patients ayant une fibrose pulmonaire, des télangiectasies et des cicatrices d’ulcères digitaux avaient une dysbiose plus sévère que les patients sans ces atteintes. Il n’y avait pas de différence entre les formes diffuses et limitées de la maladie. Il n’y a pas non plus de différence selon la présence ou l’absence d’une hypertension pulmonaire ou d’anomalies des EFR.
De manière plus précise, les patients sclérodermiques avaient moins de Faecalibacterium prausnitzii et/ou Clostridiaceae, comparés aux patients n’ayant pas de dysbiose intestinale. En revanche, on notait un niveau assez élevé de Lactobacillus.

Conclusion : cette étude montre que la dysbiose intestinale est fréquente au cours de la sclérodermie systémique, et est associée à des manifestations digestives et extra digestives. Ceci a également été montré dans d’autres maladies auto-immunes comme le lupus ou le syndrome de Sjögren mais également les maladies inflammatoires du tube digestif. De manière intéressante, les anomalies sont assez proches de ce qui est observé dans les maladies de Crohn avec une diminution de Faecalibacterium prausnitzii et un niveau élevé de Lactobacillus. Un certain nombre de points reste encore à éclaircir, notamment sur la signification physiopathologique de cette dysbiose : s’agit-il d’une conséquence de la maladie ou d’une conséquence des traitements utilisés, notamment des inhibiteurs de la pompe à protons qui ont montré qu’ils pouvaient avoir un impact sur la flore digestive ?

Mots clé (max 5): dysbiose, calprotectine, microbiote intestinal

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