Efficacité et tolérance de l’abatacept dans les formes débutantes de sclérodermie systémique avec atteinte cutanée diffuse

Valentini G, Huscher D, Riccardi A, Fasano S, Irace R, Messiniti V, et al.
Khanna D, Spino C, Johnson S, Chung L, Whitfield M, Denton CP, et al. Abatacept in Early Diffuse Cutaneous Systemic Sclerosis – Results of a Phase 2 Investigator‐Initiated, Multicenter, Double‐Blind Randomized Placebo‐Controlled Trial.

Liens: Arthritis Rheumatol [Internet]. 24 juill 2019 [cité 23 sept 2019]; Disponible sur: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/art.41055 (PubMed)

Résumé par le Docteur Alain LESCOAT (CHU Rennes)

Introduction : L’Abatacept a démontré son efficacité sur l’atteinte cutanée et pulmonaire dans des modèles murins de sclérodermie systémique. Cette étude de phase 2 visait à évaluer l’efficacité et la tolérance de ce traitement sur la fibrose cutanée au cours de la sclérodermie systémique avec atteinte cutanée diffuse évoluant depuis moins de 3 ans.

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Incidence, facteurs associés et impact du cancer au cours de la sclérodermie systémique

Titre original de l’article : Incidence, risk factors and outcomes of cancer in systemic sclerosis

Nom des auteurs : Morrisroe K, Hansen D, Huq M, Stevens W, Sahhar J, Ngian G, et al.

Disponible sur: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/acr.24076 (PubMed)

Résumé fait par Docteur Alain LESCOAT (CHU Rennes) pour la filière FAI2R

Introduction : Le cancer au cours de la sclérodermie systémique (SSc) constitue la première cause de décès nondirectement lié à la maladie sclérodermique. Cette étude australienne vise à évaluer l’impact du cancer au sens large au cours de la SSc, en s’intéressant aux caractéristiques de la maladie associées à la survenue/présence d’un cancer, à son impact sur la mortalité, sur la qualité de vie et sur les dépenses de santé.

Matériel et méthodes : Les auteurs ont croisé les données de la cohorte nationale australienne de patients atteints de SSc avec le registre national australien de cancers. Les inclusions et le suivi concernaient la période 2008 à 2015. Les patients répondaient à la classification ACR/EULAR 2013 de la SSc, tous les types de cancers étaient considérés à l’exception des cancers cutanés non mélanomes. Le rapport standardisé de mortalité (RSM) correspondait au sur-risque de mortalité en comparaison à la population générale australienne ajustée sur l’âge et le sexe, le rapport standardisé d’incidence (RSI) de cancer correspondait au sur-risque de cancer en comparaison à la population générale australienne ajustée sur l’âge et le sexe sur la période 2008-2015.

Résultats : 1727 patients ont été inclus. L’incidence de cancers au sein de cette cohorte de patients sclérodermiques était de 1,3% par an, avec une prévalence de 14,2% et un RSI pour l’ensemble des cancers de 2,15 (93%CI 1,84-2,49). Les cancers les plus fréquents étaient les cancers du sein (30,2%), les mélanomes (18,5%), les hémopathies (13,5%) et les cancers du poumon (10,2%). De manière intéressante, seul le SIR des cancers du sein survenant dans les 5 premières années suivants le diagnostic de SSc était plus important que dans la population générale. Le résultat était le même pour les mélanomes. Ces résultats suggèrent l’existence de 2 pics de survenue de cancers au cours de la maladie : un pic précoce qui pourrait correspondre à un phénomène d’auto-immunité paranéoplasique et un pic plus tardif, qui pourrait ne pas avoir de lien direct avec la maladie sclérodermique. En analyse multivariée, la présence d’AC anti-ARN polymérase III était associée à un risque accru de cancer dans les 5 premières années de la maladie (OR=2,14 IC95% (1,03-4,45)). La présence d’une pneumopathie interstitielle diffuse était associée au cancer du poumon (OR=2,83 IC95%(1,09-7,31)). Les patients sclérodermiques avec un cancer avaient une mortalité accrue à la fois en comparaison avec la population générale australienne (RSM=3,13 (95%CI 2,39-4,02)) et en comparaison avec les patients sclérodermiques n’ayant pas de cancer (RSM=2,19 (95%CI 1,87-2,54)). Le fait d’avoir un cancer au cours de la SSc occasionnait un surcoût et un recours plus fréquent au système de santé. La qualité de vie était plus altérée chez les patients sclérodermiques ayant un cancer en comparaison à ceux n’en ayant pas.

Conclusion : Cette nouvelle étude, incluant un effectif conséquent de patients sclérodermiques, retrouve un risque accru de cancer chez ces patients, en particulier dans les 5 premières années de la maladie et notamment chez les patients ayant des anticorps anti-ARN polymérase III

Prédicteurs de l’aggravation de la maladie selon la progression des atteintes d’organe dans la sclérodermie systémique : une analyse EUSTAR.

Nom des auteurs: Becker M, Graf N, Sauter R, Allanore Y, Curram J, Denton CP, et al.

Références: Predictors of disease worsening defined by progression of organ damage in diffuse systemic sclerosis: a European Scleroderma Trials and Research (EUSTAR) analysis. Ann Rheum Dis. 21 juin 2019;annrheumdis-2019-215145. (PubMed)

Lien associé pubmed : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31227488

Résumé par le Docteur Nihal MARTIS (CHU Nice)

Introduction :

L’atteinte d’organe influe sur la mortalité dans la sclérodermie systémique (ScS). L’atteinte pulmonaire (la pneumopathie interstitielle diffuse ou l’hypertension pulmonaire [HTP]) est au premier rang des facteurs de risque de mortalité. Cependant, la survenue de ces évènements étant rare dans le cadre de populations sélectionnées pour des études cliniques, il était nécessaire de définir des critères d’aggravation fonctionnelle ou prédictifs de mortalité dans la ScS. L’objectif de cette étude était d’identifier des éléments permettant d’enrichir le recrutement de patients dans des études cliniques en fonction de critères jugeant l’aggravation de l’atteinte fonctionnelle et/ou la mortalité, à partir de la cohorte EUSTAR.

Matériel et méthodes :

Les critères d’inclusion étaient le diagnostic de ScS diffuse et un suivi de plus de 12±3 mois. L’aggravation de la maladie ou progression de l’atteinte d’organe étaient retenues si l’un parmi les critères suivants était présent : nouvelle crise rénale, aggravation de la fonction respiratoire ou cardiaque, HTP nouvellement suspectée à l’échocardiographie ou mortalité. Au total, 42 paramètres cliniques étaient sélectionnés pour l’analyse, par le biais (1) d’imputation reposant elle-même sur une imputation multivariée et (2) de la méthode LASSO.

Résultats :

Sur les 1451 patients répondant aux critères d’inclusion, 706 avaient des données complètes amenant à leur inclusion dans l’étude. Sur les 42 prédicteurs, seulement 8 ont été retenus dans le modèle de régression ultime. Il y avait des arguments forts pour une association forte entre la progression de la maladie et l’âge, les ulcères digitaux actifs, la fibrose pulmonaire, la faiblesse musculaire et l’élévation de la CRP. Ces 4 derniers paramètres étaient aussi associés à un temps jusqu’à la progression de la maladie plus court. Une validation selon la technique bootstrap avec 10 000 répétitions a permis de valider le modèle.

Conclusion :

L’utilisation des facteurs prédictifs présentés dans cette étude pourra permettre d’enrichir des cohortes de patients à risque d’aggravation globale dans les études sur la ScS.



Relationship between interstitial lung disease and oesophageal dilatation on chest high-resolution computed tomography in patients with systemic sclerosis : a cross-sectional study

Nom des auteurs: Salaffi F, Di Carlo M, Carotti M, Fraticelli P ; Gabrielli A, Giovagnoni A.

Références: Salaffi et al. Radiol Med. 2018;123(9):655-663.

doi: 10.1007/s11547-018-0894-3. PMID: 29687210

KEYWORDS: Gastro-oesophageal reflux disease; Interstitial lung disease; Oesophageal dilatation; Systemic sclerosis

Objectif :

La dilatation de l’oesophage (OD) a souvent été impliquée dans la pathogénie de lamaladie pulmonaire interstitielle ( ILD) de la sclérodermie systémique (SSc). Le but de cette étude était d’explorer l’association de l’OD et de la SSc par la tomodensitométrie ((TDM) à haute résolution thoracique (HRCT) et d’établir un seuil de référence (cut-off) pour lequel l’OD suggère la présence d’une atteinte pulmonaire significative.

Méthode :

Le plus large diamètre de l’oesophage (WOD) a été obtenu sur des images HRCT en coupe axiale. Les anomalies parenchymateuses sur HRCT ont été codées et classées selon la méthode de Warrick. Des épreuves fonctionnelles respiratoires avec mesure de la DLCO ont également été effectuées. L’analyse de régression multivariée a été utilisée pour identifier les facteurs associés à une dilatation de l’œsophage.

Résultats :

126 sujets ayant une SSc ont été inclus. La moyenne du WOD était de 13,5 (±4,2 mm), et 76 patients (60,3%) avaient un WOD supérieur ou égal à 11 mm. Les patients sclérodermiques avec ILD avaient  un diamètre oesophagien plus grand que ceux sans maladie pulmonaire (19,4 contre 14,1 mm, p< 0,001). Il a été observé une importante corrélation significative entre WOD et RGO (questionnaire GerdQ) (r=0,886, p<0,001), le score de Borg (r=0,705, p<0,001) et le Warrick score (r=0,614, p<0,01).  Le WOD était inversement correlé à la DLCO (r=-0,508, p<0,01). L’analyse multivariée démontrait une association positive entre WOD et RGO (p<0,0001), score de Borg (p<0,0005) et total Warrick score (p=0,019).

Conclusion :

Chez les patients sclérodermiques, une augmentation du diamètre de l’oesophage (>11 mm) sur les coupes HRCT est associée à des symptômes pulmonaires et oesophagiens, ainsi qu’à une maladie pulmonaire interstitielle plus sévère et une DLCO plus basse.

Challenges and support service preferences of informal caregivers of people with systemic sclerosis: a cross-sectional survey

Nom auteurs: Rice DB, Canedo-Ayala M, Carboni-Jimenez A., Carrier ME, Cumin J, Malcarne VL, Hagedoorn M, Thombs BD ; Scleroderma Caregiver Advisory Team.

Références: Rice et al. Disabil Rehabil. 2019 Jan 2:1-7.

doi: 10.1080/09638288

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Phénotypes des patients sclérodermiques déterminés par analyse en cluster et association à la survie dans la cohorte prospective internationale EUSTAR.

Titre original de l’article: Phenotypes determined by cluster analysis and their survival in the prospective EUSTAR cohort of patients with systemic sclerosis. Sobanski V, Giovannelli J, Allanore Y, Riemekasten G, Airò P, Vettori S, et al 1,2 — Disponible sur: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/art.40906 (PubMed)

Résumé présenté par : Dr Alain LESCOAT, Médecine Interne, CHU Rennes.

Résumé fait par la filière FAI2R

Introduction :  La sclérodermie systémique est une maladie hétérogène associée à une multitude de présentations cliniques différentes avec un pronostic très variable. Si la classification de la maladie a été mise à jour il y a peu (initiative ACR/EULAR 2013), la définition de sous-groupes homogènes de patients au sein de cette récente classification se base encore sur l’ancienne approche de LeRoy définie en 1988 et qui subdivise la maladie en deux grandes sous-entités, que sont l’atteinte cutanée limitée et l’atteinte cutanée diffuse, basées sur l’extension de la fibrose cutanée. Néanmoins, si cette vision dichotomique de la maladie semblait à l’époque pertinente en termes de survie, mettant en avant le pronostic sombre associé à la forme cutanée diffuse, des données récentes viennent la remettre en cause, en s’appuyant notamment sur l’existence de formes cutanées limitées avec atteintes viscérales sévères. Les auteurs de ce travail proposent donc de réaliser une étude phénotypique des patients sclérodermiques en utilisant une méthode de regroupement sans a priori sur une vaste population afin de mettre en évidence des nouveaux sous-groupes (ou clusters) homogènes de patients ne se basant pas sur l’extension de la fibrose cutanée mais intégrant à la fois des données cliniques, immunologiques et d’atteintes viscérales. Lire la suite…

Greffe autologue du tissu adipeux dans le traitement du visage de la Sclérodermie

Titre: Autologous Fat Grafting in the Treatment of Facial Scleroderma

Auteurs:Gheisari M, Ahmadzadeh A, Nobari N, Iranmanesh B, Mozafari N.

Revue: Dermatol Res Pract 2018 Aug 1;2018:6568016. doi: 10.1155/2018/6568016
PMID:

Lien :https://preview.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30154838

Auteur de la veille bibliographique: Dr Laurence Michel (INSERM)

Background : Les patients souffrant d’une Sclérodermie systémique (ScS) ont souvent une atteinte esthétique et fonctionnelle du visage. La sclérose cutanée provoque une microstomie, des plis radiaires péribuccaux et une moindre mimique faciale. Ceci retentit dans les fonctions de la vie quotidienne comme manger, l’hygiène dentaire, la parole et les soins dentaires. Le retentissement esthétique et social est important. La greffe du tissu adipeux a un effet volumateur mais aussi réparateur, du fait de la présence de cellules stromales, appelées adipose-derived stem cells (ASCs). Cet article évalue son intérêt dans le traitement de la face des patients atteints de ScS avec handicap du visage.

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Distribution des télangiectasies sur l’ensemble du corps au cours de la ScS…

Titre: Whole-Body Distribution and Clinical Association of Telangiectases in Systemic Sclerosis

«Distribution des télangiectasies sur l’ensemble du corps au cours de la sclérodermie systémique et association de ce paramètre aux autres manifestations cliniques de la maladie.

Auteurs:Jouvray M, Launay D, Dubucquoi S, Sobanski V, Podevin C, Lambert M, et al

Revue: JAMA Dermatology. 2018 Jul 1;154(7):796.
PMID:29799952

Lien :https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29799952

Auteur de la veille bibliographique: Dr Alain LESCOAT (Rennes)

 

Introduction : Les télangiectasies font désormais partie des critères de la classification ACR/EULAR 2013 de la sclérodermie systémique (SSc). La présence de télangiectasies est un marqueur associé à la présence d’hypertension pulmonaire précapillaire (HTAP) et utilisé dans l’algorithme de dépistage DETECT-PAH. Ce travail publié dans le numéro de juillet 2018 de JAMA dermatology explore deux questions cliniques très concrètes concernant les télangiectasies au cours de la SSc : le nombre total de télangiectasies cutanées sur l’ensemble du corps est-il un marqueur de la sévérité de la vasculopathie associée à la maladie et, peut-on simplifier ce décompte des télangiectasies en le restreignant à certaines zones du corps sans perdre en pertinence clinique ?

Méthodes : Il s’agit d’une étude transversale monocentrique incluant 106 patients atteints de SSc définie selon les critères ACR/EULAR 2013 de la maladie. Le nombre de télangiectasies réparties sur l’ensemble du corps était spécifiquement évalué par un même observateur. Les autres caractéristiques cliniques de la maladie étaient évaluées de manière simultanée (au moins dans l’année précédant le compte des télangiectasies). La présence d’une HTAP était en particulier évaluée selon les recommandations actuelles (cathétérisme cardiaque droit confirmant la présence ou non d’une hypertension artérielle pulmonaire pré-capillaire en cas de données échographiques invitant à la réalisation du cathétérisme).Il s’agit d’une étude transversale monocentrique incluant 106 patients atteints de SSc définie selon les critères ACR/EULAR 2013 de la maladie. Le nombre de télangiectasies réparties sur l’ensemble du corps était spécifiquement évalué par un même observateur. Les autres caractéristiques cliniques de la maladie étaient évaluées de manière simultanée (au moins dans l’année précédant le compte des télangiectasies). La présence d’une HTAP était en particulier évaluée selon les recommandations actuelles (cathétérisme cardiaque droit confirmant la présence ou non d’une hypertension artérielle pulmonaire pré-capillaire en cas de données échographiques invitant à la réalisation du cathétérisme).

Résultats: Sur les 106 patients évalués, 98 présentaient, au moins, une télangiectasie (quelle que soit la taille) et 55 présentaient au moins une télangiectasie de plus de 5 mm. Le nombre total de télangiectasies sur l’ensemble du corps était en particulier corrélé au nombre de télangiectasies comptées sur le visage (r=0,89 ; p<0.001), sur les membres supérieurs (r=0,87 ; p<0.001) et sur les mains (r=0,77 ; p<0.001).
Après ajustement sur l’âge, le sexe, le tabagisme, la durée de la maladie, l’atteinte cutanée (limitée vs diffuse) et le type d’autoanticorps, un nombre plus élevé de télangiectasies était associé à une durée de la maladie plus grande, à des scores plus élevés d’activité de la maladie (EUSTAR et Medsger), à une DLCO inférieure à 60%, à des valeurs de PAPs plus élevées, aux stades actif et tardif en capillaroscopie, à un antécédent d’embolie pulmonaire, à des taux plus élevés de CRP, à des taux plus élevés d’endogline soluble et à la présence d’une HTAP (retrouvée chez 12 patients soit 11,3% de la population étudiée). Il n’y avait par contre pas d’association entre le nombre de télangiectasies et l’antécédent d’ulcère digital.
L’analyse multivariée évaluant plus spécifiquement les facteurs de sévérité de la vasculopathie retrouvait une association indépendante et significative du nombre total de télangiectasies avec le sexe masculin, l’antécédent d’embolie pulmonaire, un débit de filtration glomérulaire plus faible, des taux plus élevés d’endogline soluble et la présence d’une HTAP.
L’analyse des courbes ROC confirmait la pertinence du nombre total de télangiectasies comme facteur déterminant la présence d’une HTAP en cathétérisme cardiaque droit (Aire sous la courbe / AUC à 0,77 ; IC95% 0,57-0,88). Le nombre de télangiectasies présentes seulement sur les mains et le visage restait pertinent pour prédire la présence d’une HTAP en cathétérisme cardiaque droit (AUC à 0,81 ; IC95% 0,57-0,91).

Conclusion : Le nombre total de télangiectasies évaluées sur l’ensemble du corps est un marqueur vasculaire, en particulier associé à la présence d’une HTAP. La majorité des télangiectasies était retrouvée sur le visage, la partie supérieure du tronc et les mains. Le décompte restreint des télangiectasies situées sur le visage et les mains semblait pertinent pour prédire la présence d’une HTAP au cathétérisme cardiaque droit. Cette étude transversale renforce donc l’importance du nombre de télangiectasies comme marqueur de sévérité de la vasculopathie sclérodermique et suggère en particulier d’être vigilant quant au risque d’HTAP chez les patients présentant un grand nombre de télangiectasies, bien que l’effectif restreint de patients avec HTAP ne permette pas ici de fixer un nombre de télangiectasies comme seuil à risque.

Le modèle SPAR, modèle prédictif d’aggravation de pneumopathie interstitielle diffuse dans la sclérodermie systémique

Titre original: Prediction of progression of interstitial lung disease in patients with systemic sclerosis: the SPAR model

«État symptomatique acceptable pour le patient » et différence minimale cliniquement importante pour les résultats déclarés par le patient dans la sclérodermie systémique: Une analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant la physiothérapie personnalisée aux soins habituels.

Auteurs:: Wanlong Wu, Suzana Jordan, Mike Oliver Becker, Rucsandra Dobrota, Britta Maurer, Håvard Fretheim, Shuang Ye, Elise Siegert, Yannick Allanore, Anna-Maria Hoffmann-Vold, Oliver Distler.

Revue: Annals of the Rheumatic Diseases

Auteur de la veille bibliographique: Dr Benjamin Chaigne
Lien: https://www-ncbi-nlm-nih-gov.gate2.inist.fr/pubmed/29875097

Contexte:
L’histoire naturelle de la pneumopathie interstitielle diffuse (PID) associée à la sclérodermie systémique (PID-ScS) est hétérogène. Certains patients ont une atteinte modérée persistante tandis que d’autres patients vont s’aggraver rapidement. Identifier les patients à risque d’aggravation est un challenge et un objectif encore non résolu dans la ScS. Ainsi, la recherche de biomarqueur ou de modèle permettant d’identifier ces patients est pertinente

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État symptomatique acceptable et différence minimale cliniquement importante pour les critères de jugement rapportés par le patient dans la sclérodermie systémique: analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant un programme personnalisé de rééducation aux soins usuels

Titre: Patient acceptable symptom state and minimal clinically important difference for patient-reported outcomes in systemic sclerosis: A secondary analysis of a randomized controlled trial comparing personalized physical therapy to usual care.

«État symptomatique acceptable pour le patient » et différence minimale cliniquement importante pour les résultats déclarés par le patient dans la sclérodermie systémique: Une analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant la physiothérapie personnalisée aux soins habituels.

  1. Camille Daste, François Rannou, Luc Mouthon, Katherine Sanchez, Alexandra Roren, Vincent Tiffreau, Éric Hachulla, Philippe Thoumie, Jean Cabane, Emmanuel Chatelus, Jean Sibilia, Serge Poiraudeau, Christelle Nguyen.

Revue: Seminars in Arthritis and Rheumatism

Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29685482

Auteur de la veille bibliographique: Christelle Nguyen

Contexte : Les traitements symptomatiques occupent actuellement une place centrale dans la prise en charge des patients et les critères de jugement utilisés pour évaluer l’efficacité d’un traitement s’appuient, au moins partiellement, sur leur point de vue. Les échelles d’évaluation auto-administrées ou Patient-Reported Outcome (PRO) sont de plus en plus fréquemment utilisées et permettent de quantifier ce point de vu. Pour apprécier la pertinence clinique d’un résultat, 2 critères de réponses ont été développés à partir de la perception qu’a le patient  de son état de santé : l’état symptomatique acceptable ou Patient Acceptable Symptomatic State (PASS) et la différence minimale cliniquement pertinente ou Minimal Clinically Important Difference (MCID). Le PASS est défini comme le niveau de symptôme en deçà duquel le patient considère son état de santé comme acceptable et se rapproche du concept de faible niveau d’activité de la maladie, le MCID est défini comme la plus petite différence dans un score que le patient considère comme importante et correspond au concept d’amélioration de l’état de santé. L’objectif de ce travail a été d’estimer ces seuils pour 5 PRO fréquemment utilisés pour évaluer les patients sclérodermiques en pratique clinique et les essais thérapeutiques.

Méthodes : Il s’agit d’une analyse secondaire de l’essai multicentrique SCLEREDUC, dont l’objectif était de comparer à 1 an l’efficacité d’un programme de rééducation personnalisé aux soins courants dans la sclérodermie systémique. 220 patients souffrant de sclérodermie systémique (≥ 18 ans, selon les critères de l’American College of Rheumatology de 1980 et/ou les critères de Leroy et Medsger) et avec un score HAQ ≥ 0,5 et/ou une microstomie et/ou au moins une atteinte articulaire ont été inclus (112 dans le groupe “Rééducation” et 108 dans le groupe “Soins courants”). Les patients ont complété 6 questionnaires de type PRO à l’inclusion et à 12 mois :  le Medical Outcomes Study 36-Item Short Form (SF-36) pour la qualité de vie, le Health Assessment Questionnaire (HAQ) et le Scleroderma Health Assessment Questionnaire (sHAQ) pour les limitations d’activité globale, le Cochin Hand Function Scale (CHFS) pour les limitations d’activité localisées à la main, le McMaster-Toronto Arthritis Patient Preference Disability Questionnaire (MACTAR) pour les limitations d’activité prioritaires et l’Échelle Visuelle Analogique (EVA) pour la douleur. Les seuils pour le PASS et le MCID à 12 mois pour le HAQ, le sHAQ, le CHFS et le MACTAR ont été évalués à l’aide de 2 questions d’ancrage issues du questionnaire SF-36. Pour le PASS, les patients évaluant leur état de santé comme étant “excellent”, “très bon” ou “bon”, à la question 1 du SF-36, ont formé le groupe “état symptomatique acceptable”, et le seuil du PASS a été  défini dans ce groupe comme le 75ème percentile de la distribution de chaque PRO avec son intervalle de confiance à 95% (IC95%). Pour le MCID, les patients évaluant leur état de santé comme étant “un peu meilleur qu’il y a 1 an”, à la question 2 du SF-36, ont formé le groupe “amélioration minimale cliniquement importante” et le seuil pour le MCID a été défini dans ce groupe comme la moyenne, avec sa déviation standard (DS), du changement à 1 an dans le score de chaque PRO.

Résultats : Les réponses pour les 2 questions d’ancrage étaient disponibles pour 151/220 (68,6%) des patients. Les seuils pour le PASS (IC 95%) et le MCID (moyenne [DS]) à 12 mois étaient respectivement de 53,8 (34,0 à 68,0) et -6,7 (32,0) pour l’EVA douleur (cotée de 0 à 100), 1,4 (1,1 à 1,6) et -0,2 (0,5) pour le score HAQ (coté de 0 à 3), 1,3 (1,1 à 1,6) et -0,1 (0,5) pour le score sHAQ (coté de 0 à 3),  26,0 (17,0 à 37,0) et -3,4 (9,9) pour le CHFS (coté de 0 à 90) et 19,4 (17,2 à 21,9) et -5,7 (6,8) pour le MACTAR (coté de 0 à 30).

Limites : Il existe des limites méthodologiques à cette étude, liée à son caractère post-hoc, notamment concernant le choix des questions d’ancrage qui ne correspondent  pas aux  formulations actuellement recommandées. Les résultats sont toutefois cohérents avec ceux décrits dans la littérature dans la sclérodermie systémique ou les autres maladies ostéo-articulaires.

Conclusion : Cette étude a permis d’estimer les seuils du PASS et du MCID pour les principaux critères d’évaluation rapportés par les patients atteints de sclérodermie systémique. Ces seuils peuvent être utilisés pour le suivi clinique des patients et dans les essais thérapeutiques pour dichotomiser les résultats en “succès/échecs” selon des critères cliniquement pertinents.

Perspective : Confirmation des résultats dans une cohorte prospective.