La présence d’une dysfonction diastolique du ventricule gauche est associée à une mortalité accrue au cours de la sclérodermie systémique

Titre: Left Ventricular Diastolic Dysfunction Predicts Mortality in Patients With Systemic Sclerosis

Auteurs:Tennøe AH, Murbræch K, Andreassen JC, Fretheim H, Garen T, Gude E, et al.

Revue: Journal of the American College of Cardiology. 2018 Oct;72(15):1804–13. (PubMed)

Auteur de la veille bibliographique:Dr Alain Lescoat (Rennes)

Background : Les trois premières causes de mortalité au cours de la sclérodermie systémique (SSc) sont la pneumopathie interstitielle diffuse (PID), l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et les atteintes cardiaques associées à la sclérodermie. Ces dernières pourraient représenter près d’un quart des décès associés à la maladie. La dysfonction diastolique (DD) du ventricule gauche a bénéficié d’une nouvelle définition échographique en 2016. La DD est considérée comme prédictive de la survenue d’une insuffisance cardiaque à fonction systolique préservée. Néanmoins, la prévalence de la DD selon sa nouvelle définition échographique, son incidence au cours du suivi et son impact sur la mortalité sont, à ce jour, inconnus au cours de la SSc. Ce travail longitudinal vise donc à éclaircir ces questions

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Cyclophosphamide IV vs rituximab pour le traitement de l’atteinte interstitielle pulmonaire de la sclérodermie systémique diffuse récente : étude ouverte randomisée contrôlée.

Titre:Intravenous cyclophosphamide vs rituximab for the treatment of early diffuse scleroderma lung disease: open label, randomized, controlled trial.

Auteurs:Sircar G, Goswami RP, Sircar D, Ghosh A, Ghosh P.

Revue:2018 Jul 26. doi: 10.1093/rheumatology/key213. [Epub ahead of print]

PMID: 30053212

Auteur de la veille bibliographique:Pr Christian AGARD

Introduction : La pneumopathie interstitielle diffuse (PID) est la 1ère cause de mortalité au cours de la sclérodermie systémique (ScS). Le Cyclophosphamide (CYC) est un des traitements de première intention le plus prescrit dans la PID de la ScS. Plusieurs études ont montré le rôle du lymphocyte B dans la pathogénie de la ScS, suggérant un potentiel bénéfice du Rituximab (RTX), déjà observé dans quelques études ouvertes non contrôlées. Le but de cette étude était d’évaluer l’intérêt du RTX en comparaison au CYC dans les ScS diffuses débutantes avec PID.

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Un essai contrôlé, randomisé, de bains de cire en thérapie complémentaire à des exercices de la main chez des patients atteints de sclérodermie

Titre: A randomised controlled trial of wax baths as an additive therapy to hand exercises in patients with systemic sclerosis

Auteurs:Gregory WJ, Wilkinson J, Herrick AL

Revue: Physiotherapy 2018 Sep 5. pii: S0031-9406(18)30220-7. doi: 10.1016/j.physio.2018.08.008. [Epub ahead of print]

Lien :https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30318128

Auteur de la veille bibliographique: Pr Brigitte GRANEL

Background : Les patients souffrant d’une Sclérodermie Systémique (ScS) apprennent à vivre avec une maladie chronique, incurable et handicapante. Il est donc très important d’aborder avec eux tous les moyens pharmacologiques et non pharmacologiques pour améliorer leur handicap et leur qualité de vie. L’atteinte de la main est une constante dans cette maladie et son mécanisme est complexe: vasculaire, fibrotique, musculaire et articulaire.
Il est recommandé aux patients de réaliser de la rééducation. Les bains de paraffine font parties des interventions proposées. Ces bains aident aux étirements, améliorant la circulation et assouplissant la peau. Dans un essai randomisé contrôlé, les bains de paraffine amélioraient l’amplitude articulaire et diminuaient la douleur. Le but de cette étude était d’évaluer l’intérêt de l’utilisation des bains de paraffine à domicile en complément du programme d’exercice proposé par le centre Salford Royal NHS Foundation Trust (Manchester) dans l’amélioration de la fonction de la main à 9 semaines. Le deuxième objectif était de savoir si l’effet observé à 9 semaines se maintenait dans le temps.

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Greffe autologue du tissu adipeux dans le traitement du visage de la Sclérodermie

Titre: Autologous Fat Grafting in the Treatment of Facial Scleroderma

Auteurs:Gheisari M, Ahmadzadeh A, Nobari N, Iranmanesh B, Mozafari N.

Revue: Dermatol Res Pract 2018 Aug 1;2018:6568016. doi: 10.1155/2018/6568016
PMID:

Lien :https://preview.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30154838

Auteur de la veille bibliographique: Pr Laurence Michel (INSERM)

Background : Les patients souffrant d’une Sclérodermie systémique (ScS) ont souvent une atteinte esthétique et fonctionnelle du visage. La sclérose cutanée provoque une microstomie, des plis radiaires péribuccaux et une moindre mimique faciale. Ceci retentit dans les fonctions de la vie quotidienne comme manger, l’hygiène dentaire, la parole et les soins dentaires. Le retentissement esthétique et social est important. La greffe du tissu adipeux a un effet volumateur mais aussi réparateur, du fait de la présence de cellules stromales, appelées adipose-derived stem cells (ASCs). Cet article évalue son intérêt dans le traitement de la face des patients atteints de ScS avec handicap du visage.

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Distribution des télangiectasies sur l’ensemble du corps au cours de la ScS…

Titre: Whole-Body Distribution and Clinical Association of Telangiectases in Systemic Sclerosis

«Distribution des télangiectasies sur l’ensemble du corps au cours de la sclérodermie systémique et association de ce paramètre aux autres manifestations cliniques de la maladie.

Auteurs:Jouvray M, Launay D, Dubucquoi S, Sobanski V, Podevin C, Lambert M, et al

Revue: JAMA Dermatology. 2018 Jul 1;154(7):796.
PMID:29799952

Lien :https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29799952

Auteur de la veille bibliographique: Dr Alain LESCOAT (Rennes)

 

Introduction : Les télangiectasies font désormais partie des critères de la classification ACR/EULAR 2013 de la sclérodermie systémique (SSc). La présence de télangiectasies est un marqueur associé à la présence d’hypertension pulmonaire précapillaire (HTAP) et utilisé dans l’algorithme de dépistage DETECT-PAH. Ce travail publié dans le numéro de juillet 2018 de JAMA dermatology explore deux questions cliniques très concrètes concernant les télangiectasies au cours de la SSc : le nombre total de télangiectasies cutanées sur l’ensemble du corps est-il un marqueur de la sévérité de la vasculopathie associée à la maladie et, peut-on simplifier ce décompte des télangiectasies en le restreignant à certaines zones du corps sans perdre en pertinence clinique ?

Méthodes : Il s’agit d’une étude transversale monocentrique incluant 106 patients atteints de SSc définie selon les critères ACR/EULAR 2013 de la maladie. Le nombre de télangiectasies réparties sur l’ensemble du corps était spécifiquement évalué par un même observateur. Les autres caractéristiques cliniques de la maladie étaient évaluées de manière simultanée (au moins dans l’année précédant le compte des télangiectasies). La présence d’une HTAP était en particulier évaluée selon les recommandations actuelles (cathétérisme cardiaque droit confirmant la présence ou non d’une hypertension artérielle pulmonaire pré-capillaire en cas de données échographiques invitant à la réalisation du cathétérisme).Il s’agit d’une étude transversale monocentrique incluant 106 patients atteints de SSc définie selon les critères ACR/EULAR 2013 de la maladie. Le nombre de télangiectasies réparties sur l’ensemble du corps était spécifiquement évalué par un même observateur. Les autres caractéristiques cliniques de la maladie étaient évaluées de manière simultanée (au moins dans l’année précédant le compte des télangiectasies). La présence d’une HTAP était en particulier évaluée selon les recommandations actuelles (cathétérisme cardiaque droit confirmant la présence ou non d’une hypertension artérielle pulmonaire pré-capillaire en cas de données échographiques invitant à la réalisation du cathétérisme).

Résultats: Sur les 106 patients évalués, 98 présentaient, au moins, une télangiectasie (quelle que soit la taille) et 55 présentaient au moins une télangiectasie de plus de 5 mm. Le nombre total de télangiectasies sur l’ensemble du corps était en particulier corrélé au nombre de télangiectasies comptées sur le visage (r=0,89 ; p<0.001), sur les membres supérieurs (r=0,87 ; p<0.001) et sur les mains (r=0,77 ; p<0.001).
Après ajustement sur l’âge, le sexe, le tabagisme, la durée de la maladie, l’atteinte cutanée (limitée vs diffuse) et le type d’autoanticorps, un nombre plus élevé de télangiectasies était associé à une durée de la maladie plus grande, à des scores plus élevés d’activité de la maladie (EUSTAR et Medsger), à une DLCO inférieure à 60%, à des valeurs de PAPs plus élevées, aux stades actif et tardif en capillaroscopie, à un antécédent d’embolie pulmonaire, à des taux plus élevés de CRP, à des taux plus élevés d’endogline soluble et à la présence d’une HTAP (retrouvée chez 12 patients soit 11,3% de la population étudiée). Il n’y avait par contre pas d’association entre le nombre de télangiectasies et l’antécédent d’ulcère digital.
L’analyse multivariée évaluant plus spécifiquement les facteurs de sévérité de la vasculopathie retrouvait une association indépendante et significative du nombre total de télangiectasies avec le sexe masculin, l’antécédent d’embolie pulmonaire, un débit de filtration glomérulaire plus faible, des taux plus élevés d’endogline soluble et la présence d’une HTAP.
L’analyse des courbes ROC confirmait la pertinence du nombre total de télangiectasies comme facteur déterminant la présence d’une HTAP en cathétérisme cardiaque droit (Aire sous la courbe / AUC à 0,77 ; IC95% 0,57-0,88). Le nombre de télangiectasies présentes seulement sur les mains et le visage restait pertinent pour prédire la présence d’une HTAP en cathétérisme cardiaque droit (AUC à 0,81 ; IC95% 0,57-0,91).

Conclusion : Le nombre total de télangiectasies évaluées sur l’ensemble du corps est un marqueur vasculaire, en particulier associé à la présence d’une HTAP. La majorité des télangiectasies était retrouvée sur le visage, la partie supérieure du tronc et les mains. Le décompte restreint des télangiectasies situées sur le visage et les mains semblait pertinent pour prédire la présence d’une HTAP au cathétérisme cardiaque droit. Cette étude transversale renforce donc l’importance du nombre de télangiectasies comme marqueur de sévérité de la vasculopathie sclérodermique et suggère en particulier d’être vigilant quant au risque d’HTAP chez les patients présentant un grand nombre de télangiectasies, bien que l’effectif restreint de patients avec HTAP ne permette pas ici de fixer un nombre de télangiectasies comme seuil à risque.

Traitement du syndrome de pullulation bactérienne dans la sclérodermie systémique : revue systématique de la littérature

Titre: Treatment of small intestinal bacterial overgrowth in systemic sclerosis: a systematic review

«État symptomatique acceptable pour le patient » et différence minimale cliniquement importante pour les résultats déclarés par le patient dans la sclérodermie systémique: Une analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant la physiothérapie personnalisée aux soins habituels.

  1. CPittman N, Rawn SM, Wang M, Masetto A, Beattie KA, Larché M.

Revue: Rheumatology (Oxford). 2018 Jul 2. doi: 10.1093/rheumatology/key175. [Epub ahead of print]
PMID:29982822

Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29982822

Auteur de la veille bibliographique: Tanguy Le Scornet et Christian Agard (CHU Nantes)

 

Introduction : Au cours de la sclérodermie systémique (ScS), l’atteinte digestive est fréquente, pouvant conduire à un retard de vidange gastrique et à un allongement du temps de transit intestinal, propice à la prolifération bactérienne et au syndrome de pullulation bactérienne de l’intestin grêle (SIBO en anglais). Le SIBO concerne jusqu’à 30-60% des patients, il entraine typiquement une dénutrition par malabsorption, et il retentit sur la qualité de vie. Le SIBO est chronique et de traitement difficile. Les auteurs ont réalisé ici une revue systématique des données disponibles concernant le traitement du SIBO au cours de la ScS.

Méthodes : Il s’agit d’une revue systématique de la littérature à partir des données disponibles au 01/01/2017 au sein des bases MEDLINE, EMBASE, et COCHRANE LIBRARY. Les articles inclus étaient ceux correspondant à une étude originale, publiée en anglais, incluant des patients sclérodermiques majeurs, avec un bras de traitement du SIBO, et contenant des données sur l’évolution du SIBO.

Résultats : Cinq études (sur 5295) ont été retenues, incluant au total 78 patients avec une ScS. Aucune étude n’était randomisée. L’étude de Soudah et al.(1991) a inclus prospectivement 5 cas de ScS et 6 témoins. L’atteinte oesophagienne était prouvée par une manométrie et le SIBO par un test respiratoire à l’hydrogène. Le traitement par Octréotide 50μg/j SC pendant 3 semaines permettait une réduction significative de la symptomatologie chez la totalité des patients. L’étude prospective de Kaye et al. (1995) a inclus 9 contrôles sains et 24 patients avec une ScS. Le SIBO était prouvé par aspiration gastro-jéjunale. Huit patients avec ScS (33%) avaient une prolifération significative. Ces patients étaient traités par une alternance d’antibiotiques (Cotrimoxazole, Amoxicilline, Tétracycline, Erythromycine et Ciprofloxacine). La diarrhée était améliorée chez 6 patients après traitement par Ciprofloxacine, et 2 patients ont répondu partiellement au Cotrimoxazole. L’étude prospective de Parodi et al. (2008) a comparé 55 patients avec ScS et 60 témoins sains. Après 10 jours de traitement par Rifaximine, 22 patients/30 (73,3%) avaient une amélioration nette de leurs symptômes. Marie et al. ont publié en 2009 une étude prospective non randomisée de 51 patients avec une ScS dont 22 (43,1%) avaient un SIBO prouvé par un test respiratoire au glucose. Un traitement par Norfloxacine 400mgx2/j puis Métronidazole 250mgx3/j alternativement, 7 jours par mois, était administré pendant 3 mois au total. Après les 3 premiers mois de suivi, 7/21 (31,8%) négativaient leur test au glucose, et ceci s’accompagnait d’une amélioration des symptômes. Enfin, dans l’étude de Tauber et al., 14 patients sur 37 (38%) avaient un SIBO (test respiratoire au glucose), tous ont été traités par Amoxicilline 500mgx3/j le 1er mois puis Ciprofloxacine 500mgx2/j le 2è mois et enfin Métronidazole 500mgx3/j le 3è mois. Le test au glucose s’est négativé chez 6 patients (43%), alors qu’on notait 2 décès par malabsorption et 1 cas de colite à Clostridium difficile.

Discussion : Les études évaluant le traitement du SIBO dans la ScS sont peu nombreuses. Toutes les études incluables étaient des études non randomisées, en ouvert, sans appariement, et à haut risque de biais. Ce travail ne peut donc influer sur la pratique clinique courante quant aux stratégies thérapeutiques dans le cadre du traitement du SIBO chez les patients sclérodermiques. Au vu du risque de pression de sélection et de développement d’une colite à Clostridium, le traitement doit être adapté au cas par cas.

Conclusion : Il y a peu de preuves quant à l’efficacité des probiotiques ou des prokinétiques dans le traitement du SIBO au cours de la ScS. Malgré les données de faible qualité, les traitements antibiotiques alternatifs semblent avoir une efficacité sur la réduction de la symptomatologie chez certains patients.

Lettre d’information GFRS Eté 2018

LETTRE D’INFORMATION

DU GFRS 

Juillet –Août- Septembre 2018

 

LE MOT DU PRESIDENT

Cher(e)s ami(e)s, Cher(e)s collègues,

Nous sommes très heureux de vous adresser cette nouvelle Lettre d’Information du GFRS qui reprend les informations, les évènements marquants, congrès, études en cours et appels à observations relatifs à la Sclérodermie.

Vous pourrez constater que le dernier trimestre a été marqué par le Scleroderma Day et les Ateliers de la Sclérodermie à Casablanca.

De plus, nous nous réjouissons de la large participation à l’appel d’offres de financement de recherche par le GFRS : sept projets ont été déposés.

Nous profitons de cette lettre d’information pour vous souhaiter à toutes et à tous un très bel été.

 

Très cordialement

Luc Mouthon, Président du GFRS

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Le modèle SPAR, modèle prédictif d’aggravation de pneumopathie interstitielle diffuse dans la sclérodermie systémique

Titre original: Prediction of progression of interstitial lung disease in patients with systemic sclerosis: the SPAR model

«État symptomatique acceptable pour le patient » et différence minimale cliniquement importante pour les résultats déclarés par le patient dans la sclérodermie systémique: Une analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant la physiothérapie personnalisée aux soins habituels.

Auteurs:: Wanlong Wu, Suzana Jordan, Mike Oliver Becker, Rucsandra Dobrota, Britta Maurer, Håvard Fretheim, Shuang Ye, Elise Siegert, Yannick Allanore, Anna-Maria Hoffmann-Vold, Oliver Distler.

Revue: Annals of the Rheumatic Diseases

Auteur de la veille bibliographique: Dr Benjamin Chaigne
Lien: https://www-ncbi-nlm-nih-gov.gate2.inist.fr/pubmed/29875097

Contexte:
L’histoire naturelle de la pneumopathie interstitielle diffuse (PID) associée à la sclérodermie systémique (PID-ScS) est hétérogène. Certains patients ont une atteinte modérée persistante tandis que d’autres patients vont s’aggraver rapidement. Identifier les patients à risque d’aggravation est un challenge et un objectif encore non résolu dans la ScS. Ainsi, la recherche de biomarqueur ou de modèle permettant d’identifier ces patients est pertinente

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État symptomatique acceptable et différence minimale cliniquement importante pour les critères de jugement rapportés par le patient dans la sclérodermie systémique: analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant un programme personnalisé de rééducation aux soins usuels

Titre: Patient acceptable symptom state and minimal clinically important difference for patient-reported outcomes in systemic sclerosis: A secondary analysis of a randomized controlled trial comparing personalized physical therapy to usual care.

«État symptomatique acceptable pour le patient » et différence minimale cliniquement importante pour les résultats déclarés par le patient dans la sclérodermie systémique: Une analyse secondaire d’un essai contrôlé randomisé comparant la physiothérapie personnalisée aux soins habituels.

  1. Camille Daste, François Rannou, Luc Mouthon, Katherine Sanchez, Alexandra Roren, Vincent Tiffreau, Éric Hachulla, Philippe Thoumie, Jean Cabane, Emmanuel Chatelus, Jean Sibilia, Serge Poiraudeau, Christelle Nguyen.

Revue: Seminars in Arthritis and Rheumatism

Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29685482

Auteur de la veille bibliographique: Christelle Nguyen

Contexte : Les traitements symptomatiques occupent actuellement une place centrale dans la prise en charge des patients et les critères de jugement utilisés pour évaluer l’efficacité d’un traitement s’appuient, au moins partiellement, sur leur point de vue. Les échelles d’évaluation auto-administrées ou Patient-Reported Outcome (PRO) sont de plus en plus fréquemment utilisées et permettent de quantifier ce point de vu. Pour apprécier la pertinence clinique d’un résultat, 2 critères de réponses ont été développés à partir de la perception qu’a le patient  de son état de santé : l’état symptomatique acceptable ou Patient Acceptable Symptomatic State (PASS) et la différence minimale cliniquement pertinente ou Minimal Clinically Important Difference (MCID). Le PASS est défini comme le niveau de symptôme en deçà duquel le patient considère son état de santé comme acceptable et se rapproche du concept de faible niveau d’activité de la maladie, le MCID est défini comme la plus petite différence dans un score que le patient considère comme importante et correspond au concept d’amélioration de l’état de santé. L’objectif de ce travail a été d’estimer ces seuils pour 5 PRO fréquemment utilisés pour évaluer les patients sclérodermiques en pratique clinique et les essais thérapeutiques.

Méthodes : Il s’agit d’une analyse secondaire de l’essai multicentrique SCLEREDUC, dont l’objectif était de comparer à 1 an l’efficacité d’un programme de rééducation personnalisé aux soins courants dans la sclérodermie systémique. 220 patients souffrant de sclérodermie systémique (≥ 18 ans, selon les critères de l’American College of Rheumatology de 1980 et/ou les critères de Leroy et Medsger) et avec un score HAQ ≥ 0,5 et/ou une microstomie et/ou au moins une atteinte articulaire ont été inclus (112 dans le groupe “Rééducation” et 108 dans le groupe “Soins courants”). Les patients ont complété 6 questionnaires de type PRO à l’inclusion et à 12 mois :  le Medical Outcomes Study 36-Item Short Form (SF-36) pour la qualité de vie, le Health Assessment Questionnaire (HAQ) et le Scleroderma Health Assessment Questionnaire (sHAQ) pour les limitations d’activité globale, le Cochin Hand Function Scale (CHFS) pour les limitations d’activité localisées à la main, le McMaster-Toronto Arthritis Patient Preference Disability Questionnaire (MACTAR) pour les limitations d’activité prioritaires et l’Échelle Visuelle Analogique (EVA) pour la douleur. Les seuils pour le PASS et le MCID à 12 mois pour le HAQ, le sHAQ, le CHFS et le MACTAR ont été évalués à l’aide de 2 questions d’ancrage issues du questionnaire SF-36. Pour le PASS, les patients évaluant leur état de santé comme étant “excellent”, “très bon” ou “bon”, à la question 1 du SF-36, ont formé le groupe “état symptomatique acceptable”, et le seuil du PASS a été  défini dans ce groupe comme le 75ème percentile de la distribution de chaque PRO avec son intervalle de confiance à 95% (IC95%). Pour le MCID, les patients évaluant leur état de santé comme étant “un peu meilleur qu’il y a 1 an”, à la question 2 du SF-36, ont formé le groupe “amélioration minimale cliniquement importante” et le seuil pour le MCID a été défini dans ce groupe comme la moyenne, avec sa déviation standard (DS), du changement à 1 an dans le score de chaque PRO.

Résultats : Les réponses pour les 2 questions d’ancrage étaient disponibles pour 151/220 (68,6%) des patients. Les seuils pour le PASS (IC 95%) et le MCID (moyenne [DS]) à 12 mois étaient respectivement de 53,8 (34,0 à 68,0) et -6,7 (32,0) pour l’EVA douleur (cotée de 0 à 100), 1,4 (1,1 à 1,6) et -0,2 (0,5) pour le score HAQ (coté de 0 à 3), 1,3 (1,1 à 1,6) et -0,1 (0,5) pour le score sHAQ (coté de 0 à 3),  26,0 (17,0 à 37,0) et -3,4 (9,9) pour le CHFS (coté de 0 à 90) et 19,4 (17,2 à 21,9) et -5,7 (6,8) pour le MACTAR (coté de 0 à 30).

Limites : Il existe des limites méthodologiques à cette étude, liée à son caractère post-hoc, notamment concernant le choix des questions d’ancrage qui ne correspondent  pas aux  formulations actuellement recommandées. Les résultats sont toutefois cohérents avec ceux décrits dans la littérature dans la sclérodermie systémique ou les autres maladies ostéo-articulaires.

Conclusion : Cette étude a permis d’estimer les seuils du PASS et du MCID pour les principaux critères d’évaluation rapportés par les patients atteints de sclérodermie systémique. Ces seuils peuvent être utilisés pour le suivi clinique des patients et dans les essais thérapeutiques pour dichotomiser les résultats en “succès/échecs” selon des critères cliniquement pertinents.

Perspective : Confirmation des résultats dans une cohorte prospective.